mardi 23 février 2016



Tout d'abord la définition de bilinguisme est assez difficile car il faut prendre en compte plusieurs éléments à la fois. Van Overbeke propose la définition suivante : le bilinguisme est la faculté de se mouvoir sensément et efficacement dans deux mondes parlés au moyen de deux idiomes.




AVANTAGES (pour l'enfant)


- il apprend que la relation entre les mots et les objets n’est pas nécessaire, et que donc les mêmes choses peuvent avoir des noms différents. Cela apporte donc une certaine souplesse, ainsi qu’une bonne ouverture d’esprit.

- il peux communiquer avec plus de monde et avoir accès (dans le cas du biculturalisme) à un autre système culturel (L2)

-  Meilleure compréhension et tolérance

- Eveille de la curiosité d’esprit et de l’originalité de la pensée


INCONVÉNIENTS

- L’enfant doit apprendre plus de mots par rapport à un enfant monolingue.

- il doit apprendre le système de règles et savoir qui utilise une certaine langue, à qui s’adresser et en quelle langue, et quand le faire.


Sommes-nous prêts?

Avant la naissance de bébé il faut tenir en compte de plusieurs facteurs pour une
mettre en place un apprentissage bilingue:

- histoire et culture / attitude vis-à-vis de la langue d’appartenance des langues représentées (quel rapport avons-nous? vivons-nous tranquillement la "diversité"? etc.), car  l’attitude des parents envers leur langue maternelle joue en rôle primordiale dans l’éducation.

langue utilisée entre les parents qui va influencer les options d'éducation bilingues (un parent/ une langue; un lieu/ une langue)

garde de l’enfant 

choix de l'école future (monolingue ou internationale ?)

- supports disponibles pour maintenir en vie L2  (CD, DVD, internet etc.)



On se lance......

L’enfant bilingue apprend deux langues de la même façon qu’un enfant monolingue, et il n’a pas besoin d’un processus mental différent ou plus évolué par rapport à celui d’un monolingue.

Pendant les premières phases d’apprentissage, les parents doivent être constants en parlant chacun sa langue maternelle sans changer cette politique en fonction d’autres personnes présentes.

L’enfant apprend sa seconde langue de la même façon que la première : en construisant soit simultanément, soit successivement dans un intervalle de temps très court, deux systèmes linguistiques parfaitement autonomes.

La période cruciale de l’acquisition d’une langue s’achèverait avec la mise en place du système nerveux : l’ensemble des connexions indénombrables du cerveau sont fermement établies vers l’âge de 7 à 8 ans.
Entre 8 et 10 ans, le cerveau atteint sa pleine maturation. Ses structures sont devenues rigides.

Pour les parents......

Schau nicht hin mein Sohn 1969.jpg

La félicité de l’enfant d’abord.

Ne pas être pressé sur les performances linguistiques (surtout de L2).

Éviter les corrections/ les moqueries

Parler à l’enfant car l’exposition de l’enfant aux deux langues doit être assez équilibré, afin qu’il grandisse avec une bonne connaissance soit de L1 que de L2.

Écouter l’enfant.

Lire à l’enfant.

Être constant.

Essayer d’apprendre à lire et (de préférence) à écrire dans L2.

Problématiques pratiques 

Qualité d’exposition: les enfants bilingues devraient avoir autant d’exposition possible dans les deux langues.

Les parents doivent cultiver leur propre langue avec constance et dans un esprit positif, mais éviter d’adopter une attitude répressive envers l’autre langue.

Incontestablement, le parent de L2 doit parler sa propre langue au nourrisson. Car l’enfant d’un couple mixte ne devient pas automatiquement bilingue : la volonté et la détermination du parent de L2 ainsi qu’une attitude bienveillante et positive du parent de L1 sont indispensables.

L1 comme langue prédominante. C’est aux parents de contrebalancer ce déséquilibre en fournissant un effort supplémentaire pour que L2 ne disparaisse pas (vacances dans le pays de L2, visite de la famille L2 etc.).
En tout cas, beaucoup de parents et de spécialistes confirment qu’il vaudrait mieux que l’enfant apprend à maîtriser au moins une des deux langues, souvent la langue majoritaire, afin d’éviter une connaissance amputée dans les deux langues.

Tôt ou tard, l’enfant peut manifester son refus de parler la langue minoritaire. Avant d’abandonner la langue en question, il faudrait poser les bonnes questions. En règle générale, le parent peut continuer sa politique linguistique en parlant la langue minoritaire à l’enfant.

Le remède le plus efficace reste celui d’emmener l’enfant dans le pays de L2 (de préférence sans le parent de L1).

Mélange entre L1 & L2. Comme remède, le parent doit lui donner la forme exacte de la phrase pour qu’il l’apprenne


Biculturalisme

Si les parents souhaitent inculquer des éléments de la culture minoritaire, ils doivent faire des efforts dans ce sens, car la tâche est loin d’être la plus facile que soit. Le meilleur moyen pour que l’enfant connaisse la culture de L2 est celui de se rendre dans le pays le plus souvent possible . Avant de vous y rendre, il vaudrait mieux préparer l’enfant aux choses qui peuvent être différentes par rapport au pays natal, afin d’éviter des chocs culturels.

En tout cas, le processus d’apprentissage peut démarrer à la maison : le parent peut expliquer à l’enfant des éléments culturels de son pays d’origine (façon de saluer, de parler (avec des gestes, son de la voix, droit dans les yeux, près ou loin de l’interlocuteur etc.), d’être poli (en remerciant, en refusant) etc.). La télévision est un bon moyen pour avoir des aperçus à-jour sur la culture de L2. De même les livres peuvent être une bonne source d’enrichissement culturel.

Concernant les traditions, les parents peuvent choisir s’ils veulent fêter en famille et selon les mœurs du parent de la langue minoritaire, les fêtes du pays L2 (fête des mères, des pères, fêtes traditionnelles, certaines traditions de Noël, les anniversaires etc.).

Le partenaire de L2 qui désire que son enfant parle deux langues, et accède à une connaissance intime de ses deux cultures, doit lui parler la langue minoritaire dès le début.

Facteurs facilitant l’apprentissage

Motivation

Image de soi en tant que personne appartenant à L2

Travailler régulièrement avec l’enfant

Utiliser L2 (adolescents)
Si l’enfant décide soudainement d’arrêter de parler en L2 et de répondre dans la langue majoritaire, il faudrait se poser quelques questions afin de revoir votre position:
- quel genre de carrière envisage-t-il ? Y a-t-il des moyens d’associer ce travail avec l’utilisation de L2 ?
- quels sont ses intérêts ? est-il possible de mettre en relation l’enfant avec un autre du même âge du pays de L2, et qui partage les mêmes intérêts ?
- envisager un système de gratification dans l’apprentissage.

Identité
Pour assurer que l’enfant se sente un membre à part entière des deux communautés (de L1 et de L2), le parent doit fait le nécessaire pour que l’enfant se sente chez lui dans les pays respectifs des parents (p.e. en apprenant à l’enfant qu’il est à la fois français et italien).


sources:
Harding-Esch/Riley, (2003)
Cunningham-Andersson/Andersson (2004)
Deshays (1990)